Amulet Livre 2
De Kazu Hibuishi (Akileos) Après une premier tome réussi, on attendait avec impatience une sortie rapide du Livre 2. Il aura donc fallu
attendre finalement 1 an pour poursuivre les aventures d'Emily et Navin. Ce 2e tome est comme le premier, presque parfait ! On regrettera seulement toujours un style de dessin à la
"Garfield", pour les humains (tête assez allongée par exemple), mais même cela n'empêche pas de se plonger corps et ame dans la lecture de cette aventure à grand spectacle. Ce
n'est pas pour rien que l'auteur Kazu Kibuishi ait reçu pour ce Livre 2, une nomination comme "Meilleure série jeunesse Eisner Award
2009"
pour découvrir le premier tome, je vous convie à la lecture de la chronique. (réagir)
Hyde & Closer T.1
De Haro Asô (Delcourt-Akata) Avant d'acheter ce premier tome, j'avais pu lire un extrait sur le net et j'avais été attiré
par l'originalité de ce manga, utilisant des peluchesassez tordues et hilarantescomme armes, et la sorcellerie pour animer tous cela.
Et même si l'on pourrait reprocher une approche Shonen classique très stéréotypé (un jeune garçon mal dans sa peau, peureux, mal aimé à l'école et qui a un manque
de confiance), on y trouve tout de même son compte grâce à Hyde « la peluche de combat » qui aidera Shunpei Closer à se débarrasser des sorciers qui en veulent à sa vie pour acquérir
ses pouvoirs latents. Hyde & Closer est un bon ptit shonen à lire, aux graphismes sympa et qui a pour atout de ne pas aller plus loin que 7 tomes.
Explorers T.1
De Guerin - Lapeyre - Brants (Soleil) Attiré tout d'abord par la couverture puis par son résumé prometteur, je me suis donc précipité sur cet album. Malheureusement, la lecture m'a laissé
sur ma faim La rencontre promise avec Sherlock Holmes sera de courte durée. On aura tout juste le temps de se faire à l'environnement que leur mission sera déjà terminée. C'est dommage, on
aurait aimé arpenter les rues de Baker Street un peu plus longtemps. Par contre, le travail fournit au dessin et à la couleur est plus qu'attrayant. Il y a du peps dans quasiment toutes les
cases. Le style manga ne sera pas sans rappeler celui des dessins animés "Martin Mystère" ou encore "Totally Spices" ce qui plaira fortement aux plus jeunes. Une lecture sympa
malgré tout. (réagir)
Taitei no Ken T.1
de Baku Yumemakura et Dohe (Glénat) Au premier abord très surpris par le magnifique graphisme de Dohé, il n'en est pas moins que je reste sceptique sur ce premier tome. Graphiquement,
c'est une réussite. Un style très réaliste, un peu à la manière de "Basilisk" (Kurokawa), "Taitei no Ken" vous en met plein les
yeux, par contre niveau scénario, on se demande vraiment où l'on va. A part des combats plus que sanglants, une présentation du héros très rapide, et une apparition de vaisseau spatial, ce
premier tome ne permet pas de se rendre compte du potentiel de la série. Malgré tout, j'attends avec une certaine impatience le second tome. (réagir)
La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien.
Zidrou / Collectif (Dupuis)
Zidrou plus connu pour des albums humoristiques, s'essaie à un tout autre style, le récit intimisme. Avec succès, il nous livre une dizaine de tranches de vie
douces et amères qui laissent aux lecteurs une sensation de vague à l'âme un peu à la façon de la madeleine de Proust. Des petites histoires qui nous renvoient à des souvenirs, des sensations
familières. Epaulé par 9 talentueux dessinateurs, cet album est une vraie petite perle à ne pas manquer.
Ga-Rei - La bête enchainée T.1
deSegawa Hajime (Pika) Ga-Rei, nouveau titre des éditions Pika, n'est pas ce que l'on peut appeler
un titre innovant dans le genre. On se retrouve souvent à le comparer à des titres comme Bleach par exemple. Cela n'empêche pas à ce premier tome d'être intéressant de par ces personnages
charismatiques, son découpage nerveux et surtout ces quelques rebondissements qui nous permet de ne pas nous ennuyer. Il est donc difficile avec ce premier tome de dire si Ga-Rei est un titre
indispensable pour votre mangathèque. Il nous faudra attendre encore quelques tomes pour se faire une idée.
A essayer malgré tout !
Et oui, Noël approche à grand pas, et lorsque l'on travaille en librairie (comme dans tout autre commerce d'ailleurs), cette période est signe de beaucoup de travail, du coup, nous aurons
probablement un manque de temps certain pour mettre régulièrement à jour le blog.
De plus, la réalisation du catalogue BD du groupe pour lequel je travaille va également me prendre pas mal de temps, mais comme on ne veut pas lâcher nos lecteurs, nous continuerons à faire
nos "billets" sur nos lectures et coups de coeur du moment. Par contre, elles seront plus directes, plus courtes sachant que parfois un petit discours vos mieux qu'un long... :)
Allez, on commence cette nouvelle démarche avec Adamson.
Salut lorenzo ! Mecredi 16, tu vas lancer ton propre web-comics, intitulé "La
Ma-hias". Avant de revenir sur ce nouveau projet, peux-tu nous faire une présentation de toi et de ton parcours dans la BD.
Et bien en somme tout, le parcours classique du dessinateur de BD.
Pas mal d’années de fanzine. Un passage aux beaux-arts de Paris. Mon premier album Tous les matelots n’aiment pas l’eau est sorti en 2006 chez 13
étrange, suivi de 2 albums chez Carabas, Bredouille et Eddy et les robots. Cette année, j’ai commis 4 numéros de Dotanuki chez Akai (même si
trois seulement sont parus).
Ah oui, je suis aussi prof de BD.
Lorsqu’on te connaît, on est vite impressionné par ton rendement car entre tes projets, tes albums édités et maintenant, ton web-comics, tu n’arrêtes
jamais ! D’où te viennent toutes ces idées et surtout comment fais-tu pour tenir le rythme ?
Je bois du café ! Beaucoup, mais alors beaucoup de café.
Et plus sérieusement, j’ai une discipline de Jésuite. Je travaille à peu près 10 heures tous les jours.
J’essaie d’être une éponge. Tout m’influence. Mes lectures, ce que je vois, ce que j’écoute, mes voyages. Au final, tout cela ce mélange et ressort sous une forme ou
sous une autre.
Et surtout, j’ai envie de tout faire, de tout tester. Je ne crois pas avoir de limites. Et entre nous, si je ne dessine pas de planches, je m’ennuie.
Comme j’ai pu le lire sur une critique de « Dotanuki » (Akai), est-ce que cette forte production n’est pas
un risque pour la qualité de ton travail ? Personnellement, j’aurai tendance à dire que plus on travaille, plus on s’améliore. Qu’en penses-tu ?
Le temps passé sur une planche, c’est très relatif. Dessiner une page en 3 heures ne veut pas dire que l’on y n’a pas pensé durant une semaine.
Pour moi, c’est un mode de fonctionnement. Ce qui m’importe c’est l’histoire, la mise en scène. Je préfère que le lecteur passe 30 secondes sur une planche parce
qu’il est pris par le rythme du récit, plutôt qu’il détaille chaque case en oubliant que la BD, ça se lit.
Finalement, je suis très old school.
Cela nous amène donc à parler de ton nouveau projet, le lancement de « La Ma-hias », ton premier webcomics. Peux-tu nous faire un résumé de ce que les
internautes pourront lire dès ce mercredi ?
La Ma-hias, c’est un Pulp, du Carpenter en BD. En tout cas, c’est comme ça que je l’ai conçu. Je suis un grand fan de Pulp, mon écrivain fétiche reste
encore Robert E. Howard.
L’histoire en quelques mots :
Le climat a brutalement changé, les régions jadis tempérées brûlent sous le soleil, tandis que les pays chauds sont en proie à un hiver sans fin. Les nations se sont
écroulées, et les hommes vivent regroupés dans des villages fortifiés.
Membre de la toute-puissante Ma-hias, la guilde des voleurs, Cassiano Bellagamba trafique des échantillons génétiques et des organes que les puissants lui achètent à
prix d'or, espérerant prolonger leur vie.
Un jour, La Ma-hias a vent d’une légende à propos d’une cité nommée El Idilio, perdue dans les forêts enneigées de ce qui fut autrefois le Mexique. Ses habitants,
les Nantis, vivraient plus de 2000 ans. Bellagamba en est certain, s'il peut voler leurs codes génétiques, sa fortune est faite. Ce que lui et La Ma-hias ignorent c'est que son intervention va
précipiter la chute d'un empire.
Bon, en fait c’est en plus que « quelques mots »...
Ecologie, génétique, en gros des sujets qui sont souvent d’actualité et qui, s’ils sont bien mélangés risque de faire une histoire intéressante. « La
Ma-hias » est un projet que tu muris depuis longtemps ?
Cette histoire est née à la suite d’un voyage au Mexique en octobre dernier.
Je ne suis pas militant, ni affilié à quoique ce soit, mais ce que j’ai vu là-bas m’a troublé. Les ravages sur l’écosystème, ce que notre génération a déjà perdu, et
le monde dont vont hériter les prochaines. Bien sûr, je ne suis pas naïf, l’écologie est pour le moment un combat de pays riche. Mais n’est-il pas aujourd’hui le seul vrai combat
social ?
La question qui m’obsède est de savoir où va aller l’humanité lorsque la civilisation telle que nous l’avons crée va s’écrouler. Que feront les hommes pour
survivre ? Jusqu’où serons-nous près à aller ?
Bref, toutes ces interrogations ce sont mélangées dans les méandres de ma cervelle et ça a donné La Ma-hias.
Bon, ça reste quand même une BD de divertissement.
Ton histoire se situe en Amérique latine, et on reconnaît nettement des édifices mayas
(temples etc…). Le titre « Ma-hias » vient-il de là, ou bien a-t’il une tout autre signification ?
C’est vrai que La Ma-hias, ça sonne un peu Maya.
Mais en fait, c’est un mot arabe qui signifie « arrogance », je crois. C’est surtout l’une des origines du terme « Mafia ». Je trouvais amusant
que le titre définisse à la fois l’organisation et Cassiano Bellagamba, le héros.
Un mélange de culture en quelque sorte ?
Ouais. Et c’est quelque chose qui m’intéresse, et qui a toujours existé dans l’histoire des hommes et bien sûr des arts.
Une planche par semaine, c’est là ton pari ?
C’est un pari calculé. J’ai pas mal d’avance.
Lorsque tu as écrit le scénario, tu pensais déjà à cette idée d’internet ?
Je pensais en termes de feuilleton, et internet permet ce type de publication.
Le fait de publier son album sur internet t’oblige t’il à travailler d’une manière différente, par exemple, sur le découpage de tes planches ou
autres ?
Bien sûr. Je pense en au défilement de l’écran, au rendu de mes couleurs. Elles sont plus « justes » par rapport à mes envies, ne subissant pas les pertes
de la reproduction sur papier.
Au final, j’ai moins de surprise.
Es-tu aussi impliqué dans ce projet que lorsque tu travailles pour un éditeur ?
Evidemment. Il n’y a aucune différence. L’idée est de faire une bonne BD.
Tu précises que tu n’as jamais présenté « La Ma-hias » à des éditeurs. Y’a-t’il une raison à cela ? Et si ce n’est pas pour être éditer, pourquoi
cette démarche de web-comics ?
Mais pour la liberté. Pour faire cette série comme je l’entends de A à Z.
Internet est en train de changer la donne. Les éditeurs n’ont plus le monopole de l’édition. Aujourd’hui, les auteurs ont les moyens techniques de reprendre en main
la création. Il faut que les dessinateurs passent de l’erre du « je fais 3 pages pour un projet » à celle du « je fais de la
BD ».
À mon sens, les auteurs y gagneront, et du coup, c’est le public qui y gagnera.
Je pense que tu as déjà programmé le déroulement et la finalité de « La Ma-hias » ? Peux-tu nous en dire plus ?
Le premier tome, El Idilio est un 96 page couleur. Je suis en train d’écrire le second tome. Tout ce que je peux dire à l’heure actuelle, c’est qu’il se
passera en Afrique. L’idée de dessiner une Afrique de SF me branche pas mal.
Je conçois La Ma-hias comme une série au long cours. Tant que je m’amuse, tant que j’ai des idées, je continue.
Hormis « La Ma-hias », tu as d’autres projets en cours ?
Pas mal de choses.
Je travaille sur un nouvel opus d’Arthemus intitulé Le naufragé du Vaken-Vaki. Je suis sur un projet SF avec Ronan Le Breton.
Je collabore à 30 jours de BD, et bientôt à Black Mamba.
Je fais un album Chez Carabas intitulé Bantou.
Ah ! Je bosse aussi sur un album BD jeunesse.
La petite interview touche à sa fin. Merci Lorenzo d’avoir répondu à ces quelques questions, et surtout, on se dit à mercredi pour les débuts de « La
Ma-hias ». Nous en tout cas, on y sera !
Merci du coup de main Mo’, je suis très touché.
La bière est pour moi dès que j’ai le plaisir de te voir.
Dès aujourd'hui, retrouvez les aventures de Cassiano Bellagamba sur le site de "La Ma-hias"
Le lecteur de musique se trouve en bas de l'interview.
Merci à Thierry Gloris pour sa participation à l'interview !
Salut Benoît ! Tu es le dessinateur de la toute nouvelle série de Thierry Gloris, « Missi Dominici ». Avant de
revenir sur cet album, j’aimerai que tu nous parles un peu de toi et de ton parcours dans la BD.
Benoît Dellac : Depuis tout petit, je rêvais de faire de la bd mais pour moi on savait dessiner dès le début ou pas. On a de ses idées quand on est gamin. Puis le temps à passer et
ce souhait est devenu un rêve lointain. Jusqu’au jour où j’ai tout plaqué et que j’ai décidé que je serais dessinateur de bd ou rien. Pour m’y aider, j’ai postulé à l’Ecole Pivaut de Nantes.
Après avoir été accepté en section Bd, j’ai fait un cursus de 2 an et demi où j’ai pu apprendre l’anatomie, la perspective, la narration, le dessin, le mouvement, et tout ce qui touche au dessin
en général. Arrivé au milieu de la 2ème année, j’ai décidé de tenter la grande aventure des projets Bd. Tout en montant des dossiers bd, j’ai un peu travaillé dans le monde du jeu de
figurines avant de rencontrer Thierry.
Thierry Gloris : Yop, je débarque ! Merci Benoît de me faire un peu de place dans ton interview !
-Tiens tu tombes bien Thierry ! Racontez nous votre rencontre ?
BD : J’ai rencontré Thierry grâce à un ami et collègue, Jean Paul Bordier (dessinateur de « Souvenir d’un Elficologue » aux éditions Soleil avec Thierry
Gloris au scénario). Après avoir récupérer les coordonnées de Thierry, je lui ai envoyé plusieurs scans de mes travaux dans l’espoir qu’il veuille travailler avec moi. Nous avons donc discuté de
ce que j’aimais faire, dessiner, de ce que je voulais raconter. Apres plusieurs heures de téléphone, Thierry m’a annoncé qu’il serait intéressé pour travailler avec moi mais qu’il n’avait
rien à me proposer pour le moment et qu’à la vue de son travail, il ne serait disponible que dans 3mois. Trois jours après, il me recontacte pour me dire qu’il a eu une idée dans la
nuit. Il me la décrit sommairement, je suis emballé et nous voilà prêt pour la grande aventure que deviendra Missi Dominici.
TG : Lorsque nous nous sommes rencontrés avec Benoît, il m’a parlé de sa passion pour les comics US. Ancien gros lecteur des mensuels LUG (Strange, Nova, Spidey…), cela faisait longtemps
que je cherchais à faire plaisir à l’adolescent qui sommeille en moi en écrivant une histoire de super héros. Je ne voulais pas singer les américains et j’ai donc noué deux de mes passions
l’Histoire et la culture comics US mainstream afin de créer un univers original. Cela faisait longtemps que j’avais cette idée en tête, il me fallait juste un dessinateur intéressé par le concept
et capable de porter graphiquement un univers aussi singulier tout en le rendant crédible. Après, le reste, c’est du boulot d’écriture et de l’énergie.
-Quels sentiments ressent-on lorsque l’on se retrouve à la réalisation d’un album, qui plus est son premier, et avec en prime, Thierry Gloris au scénario ?
BD : Dès la signature, il faut dire qu’on ne réalise pas vraiment ce qui nous arrive. Pour ma part, j’ai réalisé et accepté en arrivant vers la planche 10. Thierry est très patient et
s’adapte suivant le dessinateur pour travailler.
TG : C’est moi qui ait eu de la chance !
-Malgré le fait que ce soit tes premiers pas dans le milieu pro, on te sent vraiment à l’aise avec ton crayon. Comment était l’ambiance entre vous 3, et comment procédiez-vous pour travailler ?
BD : Avec Thierry, nous travaillons pratiquement tout par téléphone. Je reçois un découpage de planche, je fais une version de story board, puis on en parle. On décide de ce
qui est intéressant et de ce qui ne l’est pas, pour arriver à une planche qui nous convient à tous les deux. Je pense que l’on sent que je suis à l’aise, car Thierry m’a fait confiance dès le
début pour tout donner et au fil des planches, j’ai pu décoincer le trait et l’encrage.
Avec Anouk, nous lui faisions parvenir les planches lettrées pour qu’elle se fonde avec l’univers ainsi que les ambiances souhaitées. Et après, nous lui avons laissé amener son univers.
Elle nous a épaté par son talent.
TG : Ma méthode de travailler avec Benoît est assez unique par rapport à mes autres collaborations. Nous avons essayé pas mal de façons, mais la plus évidente qui s’est imposée, c’est de
ne pas en avoir ! Nous travaillons en confiance et les dessins sortent de la planche de façon assez « magique ». J’écris beaucoup, donc tout est « cadré » sur la durée,
mais sur la planche même, il y a beaucoup d’instinct de la part de Benoît. Je me suis adapté à cette façon de faire. L’important au final est que tout fonctionne dans la bonne
humeur !
-On sent que tu t’es beaucoup documenté pour recréer l’ambiance moyenâgeuse. Quels documents as-tu utilisé pour tes recherches ?
BD : Effectivement, je me suis documenter un maximum car dès le début Thierry souhaitait rester très proche de la réalité. Pour ce faire, j’ai acheté pas mal de bouquin sur le moyen-âge et
j’ai visionné la plupart des films qui s’y rapportaient. Et bien sur, j’ai beaucoup feuilleter les bd de Monsieur Bourgeon, découvert grâce à Thierry.
TG : La difficulté de « Missi Dominici » était de faire une histoire de super héros tout en les faisant évoluer dans un monde crédible mais « oublié » dans le
sens : « non contemporain ». Il fallait que le lecteur rentre dans une BD historique et se fasse entraîner dans un monde fantastique où les thématiques et les ressorts sont dignes
d’un Batman ou d’un Spiderman. J’ai donc pas mal tanné Benoît pour que les planches aient une « odeur » de moyen-âge et non d’héroïc-fantasy. A mon sens, c’était le seul moyen d’imposer
aux lecteurs franco-belges une thématique super-héroïque : Immerger
le lecteur dans un monde médiéval qu’il connaît et dans des thématiques creuset de l’identité européenne (christianisme, croisade, luttes seigneuriales…) et pour autant suivre des
surhommes ! De cette sorte, nous plaçons chronologiquement NOS super-héros EUROPEENS avant toute la mythologie Marvel et DC… C’est assez cocasse !
-T’es tu immergé dans une ambiance particulière pour réaliser l’album ?
BD : Lorsque je travaille, il y a toujours soit des films soit de la musique en fond sonore. Suivant ce que je dois dessiner, la musque
varie.
-Certaines pages sont de vraies merveilles de détails ! Combien de temps te faut-il en moyenne pour réaliser une planche ? Explique nous ta manière de travailler.
BD : Pour ce tome 1, j’ai passé de 5 à 6 jours par planche. Il y a d’abord le story cela pouvait aller d’1 à 2 jours, puis plus ou moins 2 jours pour le crayonné et le reste pour
l’encrage.
-On sent que tu as fait un effort particulier sur les personnages (tenues, physiques etc.…), quelles sont les difficultés majeures à leur création ?
BD : Le plus dur a été de trouver les traits majeurs qui correspondaient au caractère de chaque personnage. J’ai des tas de pages de recherches de visages qui après coup m’ont
servi pour les personnages secondaires.
-Je sais que tu touches à la colorisation alors pourquoi ne pas avoir colorisé toi-même « Missi Dominici » ?
BD : Tout simplement, car je ne m’en sentais pas capable. J’ai voulu régler d’abord les problèmes de narration que j’avais. Pour moi, il fallait que je pousse mon dessin en général
vers l’avant donc j’ai décidé de ne me consacrer pour le moment que sur les noirs et blanc, et de confier la couleur à un coloriste. Et à la vue du résultat, j’en suis plus que ravi !
-Un petit mot sur Anouk, ta coloriste, qui au passage réalise également un bel album ?
BD : Lors du premier essai que nous avons reçu avec Thierry, on a senti que c’était elle qui se rapprochait le plus de ce que nous recherchions. Elle a tout de suite été à l’aise. Après
quelques réglages mineurs, ce fût une joie sans fin de recevoir les nouvelles planches colorisées.
TG : Anouk a rapidement trouvé ses marques sur l’album. Elle a compris le côté « super héros » du projet et de la nécessité de mixer réalisme et « effets de pouvoir ».
L’alchimie était franchement pas évidente, mais je pense que sa localisation en Amérique du Nord lui a permis d’aborder les planches avec une certaine « fraîcheur » qui a été favorable
à la série : Une très chouette rencontre et une excellente collaboration !
-Es-tu intervenu sur le story-board de Thierry ? As-tu apporté une participation à l’histoire ?
BD : Thierry m’a laissé une grande liberté, d’ailleurs maintenant, il ne fixe plus trop ses découpages. Il attend de voir ce
que cela m’inspire pour ajuster son découpage. C’est assez particulier mais on s’est rendu compte que nous fonctionnions mieux et plus rapidement comme cela
TG : Avec Benoît, je travaille à vu. N’étant pas trop susceptible l’un comme l’autre, nous pouvons travailler comme de vrais artisans de la BD qui expérimentent, testent, jettent, recommencent, s’écoutent et continuent pour que le résultat soit de
meilleur en meilleur. Je pense que si nous n’avions pas eu une bonne entente de caractère, ce serait rapidement explosif et insupportable… mais pour l’instant, cela fonctionne parfaitement !
-Qu’est-ce qui t’a donné le plus de mal sur « Missi Dominici »?
BD : Sans réfléchir le lion, ce foutu lion ! Thierry est tombé sur un dessin de lion sur mon blog et il s’est dit un lion c’est cool ! Maintenant Benoit a toi de te
débrouiller !
TG : Le concept même de la série : Faire du super-héros européen ! Sur le papier, cela a l’air déconcertant de facilité, mais quand on met les mains dans le moteur, il se pose
énormément de difficultés auquel on n’a pas forcément pensé. Je ne sais pas pourquoi, mais visualiser Superman voler au dessus des gratte-ciels c’est plausible… le voir planer au dessus d’une
place de marché médiévale où l’on vend des cochons et des oies… c’est moins évident ! C’est pour cela que j’ai joué avec le folklore populaire européen (loup-garou, cavaliers de
l’Apocalypse…) pour caractériser mes surhommes.
-Si tu avais quelque chose à changer dans l’album, de quoi s’agirait-il ?
BD : Les 8 premières planches. J’étais encore timide dans mes choix de cadrage et d’encrage.
TG : J’aurais dû mettre des collants bleues et un juste-au-corps rouge à Wolfräm frappé d’un W jaune, il aurait été encore plus sexy !
-Une question qui revient souvent dans la bouche des lecteurs, combien de tomes de prévu ?
BD : Nous sommes parti sur un premier cycle de 3 tomes. Après le temps et surtout les lecteurs nous dirons si ils veulent une suite. D’ailleurs Thierry a déjà beaucoup d’idées qui
vous surprendront certainement.
TG : Si la série fonctionne, j’aimerais beaucoup développer sur du long terme l’univers de ses « super héros » européens… Nous verrons bien !
-Le tome 2 est déjà commencé ?
BD : Oui, au moment où j’écris ces lignes je suis sur la planche 17.
-Que retiendras-tu de cette première expérience dans le
milieu professionnel ?
BD : Franchement, ce fut dur et éprouvant mais c’est que du bonheur.
-Une question plus personnelle, d’où vient ton pseudo « Ariès » ?
BD : Je ne sais pas trop. Je suis Bélier de signe astrologique. Comme vous avez pu voir les signes du zodiaque sont présents dans Missi. Et un matin je me suis réveillé avec cette envie de
signer Aries. Un signe du destin peut être !
-Voila, l’interview touche à sa fin. Je voulais te remercier pour le temps que tu as passé à répondre à mes questions, et surtout, vous remercier tous les 3 pour ce très bon moment
lecture
Le mot de la fin est pour toi Benoît !
BD : Ca été un plaisir. Merci à toi ! Un dernier mot : tout se que je peux vous dire, c’est de prendre un aller pour Z’ha’dum et de partir avec Wolfräm et Ronan, découvrir ce
mystère qui entoure cet enfant si spécial, mais attention, les cavaliers ne seront jamais loin ! Bonne lecture à vous tous !
Interview réalisé en toute décontraction quelque temps avant la sortie de l'album
Prévu pour le 3 septembre, Rock a billy Zombie Superstar est
parti chez l’imprimeur. Comment se sent-on lorsqu’on a bouclé la dernière page de son album ?
Vidé ! Complètement crevé ! Je n'avais jamais fait autant de planches. 80 pages, c'est un boulot de dingue...et ce n'est que le 1er tome et mon 1er album ! J'ai aussi ressenti une grande
satisfaction. Bref, mort mais heureux ! Huhu !
Tu as commencé ton parcours dans la BD en tant que coloriste sur Egovox. Comment es-tu rentré dans le « milieu » ?
Tout a commencé en 2000 quand j'ai rencontré Rodolphe Soublin qui était rédac chef chez Glénat. A l'époque, il publiait des comics. Comics Crew et Comics Street si je ne me trompe pas. Je me suis
pointé avec mes dessins sous le bras, sans RDV. Au lieu de me jeter, il m'a accordé de son temps. Petit à petit on est devenu pote puis ami. Bref, ça c'est le début.
Ensuite il m'a fait rencontrer des auteurs comme Laurent Astier. Ce dernier m'a appris énormément sur l'encrage. Pour moi ce mec est un génie.
Ensuite j'ai enchaîné moult projets ! Jusqu'au jour où j'ai vu une annonce sur Café Salé.
Yigael recherchait un coloriste pour prendre la relève sur le tome 2 d'Egovox. Voila grosso modo le parcours. La suite, tout le monde la connait ! Huhu ! Rock n' roll !
Comment est née ta collaboration avec Lou ? Parle nous un peu plus de ton compagnon de route.
Héhéééé, Lou....
A la base Rock A Billy Zombie Superstar devait faire 6 pages pour être publié dans la revue Black Mamba. Mais je me suis vite rendu compte que j'étais incapable de raconter une histoire en si peu
de pages. Du coup j'ai continué à écrire le scénario pour monter un dossier.
Je m'étais fixé un « challenge », faire une page en 1 jour voire 2 max... Au fur et à mesure je les postais sur le café (Café Salé). Elles étaient en N&B avec des niveaux de gris.
Bref, j'ai tenté une colo par la suite qui fut critiqué par Lou. C'est marrant mais à chaque fois que je voyais que Lou m'avait laissé un commentaire, je me disais : « arf, voilà le râleur
! » !
Il m'a demandé de faire un essaie colo. Je lui ai donc envoyé des planches. Mais en toute franchise, je ne m'attendais à rien. Je connaissais son taf, mais je n'arrivais pas à m'imaginer Rock ab'
en couleur. Au bout de quelques heures, Lou me renvoie une planche, et la vache, je me suis pris une sacré tartine d'os ! C'est comme si c'était évident. Je suis tombé amoureux de ce mec ! Huhu !
Ensuite on a réécrit l'histoire à 2 cerveaux. Le dossier fut monté en 1 mois !
Rock n' roll !
Ce gars est sacrément doué. Il arrive à dompter le trait d'un dessineux, à...à... je n'arrive pas à trouver mes mots. Bref, Lou est un génie de la colo ! Je suis super fier de bosser avec lui !
Alors, des zombies, un sosie d’Elvis, du rock’n’roll, une pin up « ravageuse »… Un cocktail détonant, mais concrètement, Rock a Billy Zombie Superstar, ca raconte quoi ?
C'est un road trip Rock'n' Roll avec des zombies ! Huhu !
Comment raconter sans spoiler ?! Si ça ne te dérange pas, je préfère ne rien dire à part que ce n'est pas qu'un simple « zombie slayer » ou encore un Romero-like ! ^^
Rockab' aborde d’avantage des thèmes sociaux, comme la ségrégation, le racisme, le fascisme, et la culture « Red-necks » plutôt que celui du zombie à proprement parlé, qui est avant
tout ici un moyen plus qu’une fin en soi .
Véritable phénomène à l’heure actuelle, que réponds-tu à ceux qui te disent que tu surfes sur la vague ?
Je ne sais pas surfer ! Huhu !
C'est vrai qu'il y a un retour du mort-vivant en ce moment. Il y a du bon comme du mauvais.
Perso, je suis un grand fan hardcore de films d'horreur au sens large, donc de zombies.
J'ai vu Zombie (Dawn of the dead) il y a 20 ans. L'envie de raconter une histoire de zombie ne date pas d'hier !
Bref, le surf, pas pour moi... sinon, j'aurai fait de l'héroïco-fantasy ! Huhu !
On l’aura compris, les zombies pour toi c’est un peu une culture ! Pourtant, dans Rockab’ tu ne n’attaches pas forcément aux codes que des gars comme Roméro ont mis en place ? (Pour
exemple, Billy devient donc un zombie après s’être fait mordre, pourtant après ça, il a gardé toute sa tête.)
Je dirais plutôt que j'adapte les codes. Hihi !
Je n'ai pas envie de faire un énième Romero, ça ne m'intéresse pas.
Mais pour répondre à ta question... il faut lire la BD ! Héhéééé !
Hop, on sort les portefeuilles ! Hihi !
Je me rappelle une case où l’on voit
une femme promener son zombie en laisse. Clin d’œil à Michonne dans Walking dead ? D’ailleurs, que penses-tu de cette incroyable série ?
Honte sur moi, je n'ai que le 1er tome pour le moment. C'est pas mal, mais trop classique.
Je suis un peu injuste. C'est un bon 1er tome. Juste pas les moyens d'investir sur une aussi longue série. Et en toute franchise, si des séries dépassent 3 tomes, ça me fait peur.
On vend, ça marche donc on étire.... pas fan. Du coup on se tape des longueurs.
C'est l'effet que ça m'a fait avec Les Chroniques de la lune noire ou encore Death Note....
Donc, le clin d'œil n'est pas voulu.
D’autres lectures ou films qui ont pu t’influencer, tant pour le scénario que pour le dessin ?
Mes influences vont de Tarantino à Romero en passant par Rob Zombie.
C'est en voyant Land of the dead et ses zombies qui « pensent » (ou presque) que m'est venu l'idée de faire 3 catégories de Zombies, les profonds, ceux de 5 ans d'âge mental et ceux qui
ont pleinement leur tête !
Il y a aussi Bubba Ho tep, les films Psychotronic / Grindhouse comme Faster Pussy cat kill kill etc... Bref, plein de films et de musiques !
Une journée à travailler sur Rockab’, ca donne quoi ?
Rock n' roll ! Huhu ! Découpage, croquis etc... Mise au propre et encrage. Tout ça sur fond de Punk, Rockab’, Psychobilly ! Rien de bien passionnant ! Hihi !
Je déconne, une partie de plaisir à chaque page ! Et encore plus sur les planches du tome 2 !
Héhééééé ! Encore plus de détails etc...
Rock A Billy Zombie Superstar sortira aux éditions Ankama dans la collection 619. Une maison d’édition qui prend des risques mais surtout qui a le vent en poupe ! Preuve en est, la
dernière grosse actualité, est l’arrivée de JDMorvan en tant que directeur de
la collection Wakfu Heroes.
Un mot sur Ankama ?
Ils nous laissent libre dans la narration. Et ça c'est cool !
Le tome 2, est déjà annoncé dans le passeport Ankama, mais combien de tome comptera la série ?
2 tomes. Je n'ai pas envie de continuer après. La fin c'est la fin ! Même si ça marche.
Mon but dans la vie est de raconter des histoires. J'ai d'autres projets qui attendent de prendre la relève !
Tu as déjà commencé à travailler dessus ?
Yep ! =) Et ça va déboiter !!!!
Les albums qui paraissent dans la collection 619 sont souvent agrémentés de bonus. En sera-t’il de même pour Rock A Billy Zombie Superstar ?
Yep ! 14 guests dont Laurent Astier, Cha, Wilmaury etc...
Très franchement, j’attends avec une très grande impatience le 3 septembre, date de sortie de Rock A Billy Zombie Superstar. L’harmonie qui règne entre ton dessin et la colo de Lou est
incroyable. Rien que pour ça, cet album devrait trôner sur toutes les bibliothèques des amateurs de BD.
Voila, notre petite interview touche à sa fin. Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Bonne chance à vous 2 pour la suite !
Allez le mot de la fin est pour toi !!!
Merci à toi Mo' ! Merci pour ton soutien mec.
Allez bande de zombies, tous chez vos libraires !!!
Je vous attends pour dédicacer et discuter avec vous !
"Les Terres de Caël" est ton premier album et il est enfin disponible dans toutes les librairies dignes de ce nom.
Quel effet cela t'a fait de voir ton bébé chez ton libraire ?
Ben a vrai dire, je n’arrive toujours pas à réaliser que l’album soit enfin sorti, ça a été tellement long et fastidieux que je ne m’y fais pas
encore, ça viendra ! Le jour de la sortie je me suis rendu chez mon libraire pour voir un peu tout ça, c’est un sentiment très bizarre de se voir exposé au milieu de tant d’albums, qu’est ce que
ça fout la trouille aussi !!! On se dit que maintenant bébé va apprendre à marcher en solo….eh ouai c’est triste mais le bouquin se retrouve seul dans la nature, ça met tout de suite une grosse
pression…
Certains diront que "Les Terres de Caël" est un énième album du genre space opéra de chez Soleil. Pourtant, on sent dans ce premier tome la
volonté de "casser" la construction habituelle d'un album. Vous nous avez construit ça un peu à la manière d'une série TV, non ?
Oui complètement ! Avec Syde on voulait donner une empreinte et un style à notre récit ! Quelque chose d’inhabituel qui caractérise notre série et
que l’on retrouverait dans chaque album de Caël. Alors étant tout deux grands fans et gros consommateurs de série, on a construit le tout de manière à ce qu’il y ait une intro, un générique et
l’histoire… Je voulais aussi que le lecteur en ait pour son argent et qu’il trouve que ça ait de la gueule, j’espère que ça en a !
En parlant de série TV, quelles ont été tes sources d'inspirations pour sa réalisation ?
Je découvre les séries TV surtout grâce aux copains qui m’en parle et me conseille ! Il y a presque plus de deux ans j’ai eu la bonne surprise de
découvrir Battlestar Galactica, une série SF exceptionnelle qui apporte un nouveau style, un nouveau genre de space opéra! Elle mélange mythologie et science fiction et s’attarde
énormément sur les personnages !!!
C’est vraiment une réussite, les effet spéciaux sont aussi très impressionnants, autant te dire qu’il y a de quoi s’inspirer pour Caël (rires) … Puis
dans d’autres genres j’aime énormément aussi Rome, Dexter, Lost, Weeds, Heroes ou encore Dr House…Il y en a trop, c’est difficile de suivre… (rires)Prochaine série prévue, Deadwood
^^!!!!
As-tu rencontrés des difficultés particulières à la réalisation de ce premier tome ?
Oui, pas mal de difficultés en ce qui concerne le rythme car au départ il était vraiment très lent… Je pense que j’avais besoin de prendre pas mal
de recul sur chaque page donc ça a été laborieux mais une fois passé la vingtaine, ça a défilé très vite, surtout avec la prépublication dans Lanfeust Mag qui me foutait la pression derrière
(rires !!!) …
Quel est le personnage que tu préfères et celui qui te donne le plus de fil à retordre et pourquoi ?
Pour le moment mon personnage préféré est un des persos les plus importants de l’histoire mais qui n’arrive que dans le second tome,
il s’appelle Darvorick ! Je peine à le dessiner à chaque fois car je m’efforce de lui rendre des traits physiques parfaits, il faut aussi que de son regard jaillisse tout l’orgueil du personnage,
ce n’est pas évident mais j’essaie de faire au mieux!
Le rythme de l'histoire est assez soutenu, il y a rarement un moment de répit. Est-ce-que cela t’a obligé à travailler d'une manière différente sur tes découpages ou sur ton coup de crayon en
général ?
Il est vrai et je pense que ça se voit que je suis plus à l’aise graphiquement dans les scènes d’extérieurs, je gère mieux les
personnages et leur rapport aux décors… C’est surtout aussi plus agréable pour moi de faire vivre un passage en plein air plutôt que dans une pièce fermée… En ce qui concerne le découpage, je
m’embête vite dans les passages explicatifs où j’ai tendance à faire des répétitions de plans et de cadrages, je m’amuse plus en scène d’actions par exemple ! Je pense que c’est un des points
qu’il me faut le plus travailler…
Le second tome est déjà en cours de réalisation, que
promets-tu à tes lecteurs dans cette suite ?
Dans ce second opus, on donnera pas mal d’éléments de réponse sur la fin du premier volume, des explications relatives à l’univers dans lequel les héros
vont interagir, des informations sur cette mystérieuse déesse qui peut tout anéantir et bien sur, beaucoup plus poser les relations entre Nolan et Lulla !
Ils se retrouvent seuls dans un univers inconnu, un monde fantasy qui change totalement la donne …
Un univers où je me sens beaucoup plus à l’aise…C’est très agréable pour moi de travailler sur ce tome deux car Syde gère le tout de mieux en mieux, son
style s‘affirme, la forme et l’ambiance changent, c’est cool !
Tu as des projets à côté des "Terres de Caël" ?
Oui, je travaille actuellement sur le scénario d’un album collectif sur les pirates qui devrait paraître chez Soleil courant 2008, ça
s’intitulera « Pirates des 1001 Lunes » . Je co-scénarise le tout avec mon comparse Maxe L’Hermenier et je dessine aussi un chapitre dedans !
On a la chance d’avoir de chouettes dessinateurs pour l’album… C’est pas mon genre de balancer mais allez, je te donne quand même des noms hein ; donc
Nicolas Demare (ADN’), Morgann, Mako, Gunt et Roth le petit dernier...
Sinon je planche aussi sur un gros projet avec mister Nicolas Mitric qui se passera dans l’univers de Kookaburra… On
va raconter l’initiation du jeune Dragan Preko en tant que Space Sniper, l’histoire va prendre son commencement à la fin du premier Kookaburra Universe de
Crisse et Mitric et finira une fois l‘apprentissage de Preko terminé.
Avec cette nouvelle série, on va en apprendre plus sur la mystérieuse perle d’or et sur le personnage de Dragan… Comment est ce qu’il va devenir le
bourreau des cœurs que l’on connaît alors qu’au départ il n’est qu’un ados craintif et réservé… Ca s’intitulera « Dragan Preko Space Sniper » et c’est prévu pour euh….après
Caël tome 2.^^
Un petit mot pour tes collègues d'aventure Sébastien Brunet et Syde ? Tu peux te lâcher, hein ;)
Euh ! Alors impro, impro…. pour Syde ; tiens bon l’équilibre du haut de ton cheval de voltige, fait gaffe aux menhirs et surtout pas de folies, tu
rentres avant 18h, les dents et au lit !!! Non mais !
Seb, tu me restes fidèle jusqu'à la mort sinon t’es privé de WOW à vie !!! J’arracherais ta ligne téléphonique de connexion Internet s’il le faut !!!!
Les dents et au lit aussi !!!
Je les remercie quand même tous les deux pour leur patience et leur fait un gros poutoux … ;)
Pour finir, ces quelques lignes sont à toi pour nous parler d’un coup de gueule, d’un coup de cœur ou autre.
Alors dernièrement, j’ai vu « 28 semaines plus tard » (la suite de « 28 jours plus tard ») et ça a été une belle
grosse claque ! C’est un film super intelligent dans tout son déroulement, dans ses réactions et dans ses situations ! Tout s’enchaîne de manière naturelle, c’est tellement bien réalisé qu’on a
l’impression d’y être…Voir Londres aussi dévasté fait froid dans le dos car on se dit ; Et si un jour ça arrivait, un virus qui ravagerait une population entière comme ça, comment réagirait on ?
Cette fiction n’est peut être pas autant exagérée que l’on imagine car au-delà du film d’horreur et de scène vraiment dures, le propos principal fait vraiment réfléchir… à voir et à réfléchir
donc !^^
Voici l'interview que j'ai réalisé pour le premier numéro de notre fanzine "Voyageurs". Une fois que vous l'aurez lu, n'oubliez surtout pas de vous rendre sur le blog de notre association "Les Enfants de l'Arche", mais aussi celui de Patrick Bodard que je remercie encore une fois du temps qu'il a bien voulu m'accorder pour cette interview.
Salut Pat !
- Salut Mo’
Tout d'abord, merci à toi de nous accorder un peu de temps et surtout d'avoir accepté de participer au premier numéro de "Voyageurs".
- Tout le plaisir est pour moi.
Bon Pat, on va donc commencer par le début, parle-nous un peu de toi et de ton parcours dans la bande dessinée ?
- J’ai toujours eu envie de dessiner et de faire de la bande dessinée. Ça peut paraître classique comme phrase mais c’est pourtant la vérité. Ce qui l’est moins peut-être, c’est qu’il m’a fallu attendre mes 23 ans pour avoir mes premiers cours de dessin qui m’ont permis deux ans après de pouvoir vivre du dessin par le biais de la série d’animation 2d.
À l’heure actuelle je travaille dans le jeu vidéo et cet univers 3d m’a rappelé qu’étant jeune, j’avais eu comme envie de faire une bande dessinée. J’ai donc monté un dossier que j’ai envoyé aux éditions Clair de lune qui ont été intéressées.
Ce dossier, c’est donc « Dona ». Raconte-nous un peu l’histoire de cette jeune héroïne.
- A l’origine, je souhaitais faire deux volets de trois albums chacun, ce qui me permettait de placer l’histoire très simplement dans le premier tome, je souhaitais que l’on voie Dona dans ses activités locales qui consistaient à protéger les habitants et l’environnement de la vallée Éole des agressions extérieures émanant essentiellement de Télomère, une cité en pleine expansion démographique et d’une attitude très conquérante, et Dona n’a pas conscience qu’elle sera amenée à lutter hors de son territoire pour la protéger. On pourrait dire que c’est un peu comme aujourd’hui où les complexités de la mondialisation doivent bien souvent être prises en compte au niveau local. En parallèle de son désir de protéger sa vallée de la dictat de la reine de Télomère, Dona doit faire face à son histoire personnelle. Chanso, en bon oncle protecteur, a cru bon de la protéger en lui cachant notamment son lien étroit avec la dynastie Azara.
« Dona » a-t-elle trouvé son public ?
- Pas vraiment ! Le fait que le premier tome pose beaucoup de questions sans réponses et décrive des scènes assez simples d’une vie de résistant, n’était certainement pas assez sexy. Mon projet était de monter en puissance de tome en tome pour impliquer de plus en plus de personnages et d’intrigues politiques tout comme dans les combats qui de petits conflits locaux presque d’hommes à hommes devaient faire appel au fur et à mesure à des armées de plus en plus puissantes. Et même si j’ai plus essayé de divertir sur le tome deux en attendant de placer les personnages principaux au centre de conflits géopolitiques, la mayonnaise n’a pas pris.
D’après toi, quelles ont été la ou les raisons de cette absence de lecteurs ?
Plusieurs choses certainement :
-Le lecteur souhaite aujourd’hui savoir assez vite où l’auteur veut en venir.
-La fantaisie doit être plus ancrée à des éléments contemporains et à l’inconscient collectif.
-Idem pour la partie dessinée. Le manque de concision et de qualité n’aide pas.
-Mais encore…. une pléthore d’albums sur les étalages.
-La tendance actuelle à aimer le comique et le fait divers.
-L’intérêt du public pour Internet et des produits que je qualifie d’effet « poopers » (effet immédiat).
Pour connaître ton talent via ton blog, j’ai parfois du mal à comprendre comment un auteur complet comme Patrick Bodard n’est pas plus présent dans le monde de la BD ! En tant que lecteurs, nous avons parfois des a priori sur le choix des maisons d’édition, mais toi, en tant qu’auteur, quel est ton point de vue sur la politique des maisons d’édition ces dernières années ?
- Le marché actuel est dur pour tout le monde, comment convaincre une maison d’édition de faire de la qualité qui ne se vend pas ? Et comment convaincre un auteur de faire un type de produit qui ne lui permettra pas de progresser et d’assouvir sa passion pour l’art ?
Est-ce pour cela que tu as décidé de te lancer dans une toute nouvelle expérience ?
- Entre autres, oui. Je souhaite faire plaisir pour le plaisir. L’Internet est super pour cela. On peut donner gratuitement de l’émotion sans avoir une multitude d’écluses à franchir.
C’est en quelque sorte un pied de nez à leur encontre, non ?
- Il est peut-être temps pour elles de reconsidérer leurs rapports avec les auteurs. Et de revenir à des bases plus saines de collaboration. Evidemment, le commerce et la grande diffusion sont liés à la pérennité d’un produit, mais il nécessite aussi une relation de confiance et de respect entre les parties. Sinon les auteurs risquent d’endosser les casques de vendeurs et de se débrouiller tout seuls ou avec d’autres interlocuteurs plus francs et directs sur leurs intentions.
Explique-nous un peu ce nouveau projet ainsi que son principe, et surtout la manière dont tu vas en faire profiter les internautes ?
- Je souhaite relater l’histoire de Barbe Noire et débuter quand il était encore Edouard Teach au service d’Anne reine d’Angleterre, sous la forme de petit format vidéo sonorisé. Une sorte de diaporama qui va alterner texte et image. Ce sont des chapitres de quelques minutes que je mettrai à disposition sur mon blog . Il me semble qu’aujourd’hui, la bande dessinée manque d’éléments sonores et souffre aussi du fait que le livre vie peut-être ses derniers jours sous forme de feuille de papier.
Pour toi, Internet est en quelque sorte LE média par excellence ?
- Oui, car il permet l’effet immédiat dont je parle ci-dessus. Que je sois dans ma maison avec mon pc, en pc portable, téléphone mobile, dans un avion et plus tard certainement dans les voitures, transport en commun, sur la plage etc.….je peux choisir un article au sein d’une caverne d’Ali Baba (Internet), entrer en immersion dans un monde et en sortir aussi simplement en appuyant sur un bouton « power » pour être de nouveau quasiment les mains vides. Par exemple, pour mon projet le forumhttp://www.baywin.net peut accueillir un espace sujet sur le thème de mon projet et permettre aux internautes de chatter et de me donner leurs impressions, où éventuellement de me proposer d’intégrer des personnages ou des situations historiques à mon histoire. La bande dessinée actuelle n’a pas cette interactivité.
On pourrait se dire que c’est « encore » une histoire de pirates, mais pourtant, tu la définis autrement ? Qu’est-ce qui, pour toi, va faire la différence ?
- J’aimerais garder un peu de mystère sur une histoire déjà connue de tous, mais ce que je peux vous dire actuellement, c’est que je souhaiteproposer une explication plausible des circonstances qui ont amené Edouard Teach à devenir Barbe Noire.
Mais si vous souhaitez plus d’informations, j’en dévoile un peu plus sur mon site ou sur le site de Baywin.
Ton expérience dans le jeu vidéo t’a-t-elle aidé ou encore influencé pour «Edouard Teach dit Barbe Noire » ?
- C’est vrai que l’expérience King Kong ou plus récemment les Lapins Crétins me permettent de voir comment une grande industrie se structure autour d’un projet pour éviter les maladresses de contenu. Mes expériences professionnelles m’ont certainement influencé mais il me semble que le désir de traiter de la vie d’un homme et de ses choix de vie au sein d’une période tumultueuse est quelque chose qui me correspond beaucoup.
Est-ce que finalement on ne retrouve pas des points communs entre ces 2 univers, que ce soitdans la façon de travailler ou encore de réaliser un produit ?
- Oui certainement, tout comme le cinéma et le jeu vidéo se copient mutuellement.
On trouve beaucoup plus de scènes d’action par exemple dans les films qui font très jeu comme Le pacte des loups et ses combats en arène à la Street Fighter ou l’univers Yamakasi qui était à l’origine une discipline de l’art du déplacement avec ses codes (tiens, ça ressemble drôlement aux pirates et à leur code d’honneur, tout ça ;) récupéré par le jeu vidéo et le cinéma comme dans le dernier 007 Casino royale dans lequel il y a une scène de plusieurs dizaines de minutes très yama et très jeu vidéo.
Tu n’en es actuellement qu’au début de ce projet, mais comment le vois-tu évoluer ? Quelles sont concrètement tes ambitions ?
- Pour le moment, l’objectif est simple parce que déjà très difficile et long à faire. Je souhaite aligner les chapitres de la vie de Barbe Noire le plus professionnellement possible afin de découvrir les points forts de ce nouveau genre de communication.
«Edouard Teach dit Barbe Noire» est un projet que tu aurais pu envoyer aux maisons d’édition, non ?
- Oui, je ne me l’interdis pas d’ailleurs Mais cela va faire presque un an que je suis en pourparlers (encore un terme pirate ça ;) avec les éditions Soleil qui me font tourner en rond autour de projets factices. J’avoue que j’ai du mal à comprendre leurs raisons, ça les amuse peut-être ? Du coup j’essaie autre chose et on verra bien. Pour le moment, j’ai beaucoup de plaisir à le faire et si le plaisir du public est là, ça me suffit.
Pour ceux qui voudraient voir (et il le faut absolument) la vidéo de «Edouard Teach dit Barbe Noire, une seule adresse :http://air-de-bulle.over-blog.com/
- Le teaser (comme on dit dans les milieux branchés ;) est disponible. Ce petit montage m’a permis de constater la faisabilité de mon idée en montant les tout premiers dessins textes et sons du projet.
Pour terminer, un petit mot pour l’association et le fanzine ?
- J’ai tout de suite adhéré à votre idée de l’association, je ferais volontiers une illustration si vous le souhaitez. Et je souhaite longue vie et bon vent à Voyageurs, dans l’espoir qu’il apporte le complément du site de Baywin qui est déjà très riche et où il règne un bon esprit.
Merci encore Pat, et bonne chance pour cette nouvelle aventure. En tout cas, nous serons derrière toi !
Ki-oon annonce ses sorties pour le début de l'année 2010. En premier lieu, les Gamers seront heureux d'apprendre la sortie de Breath Fire IV, en Manga,
(un classique du JV), dessiné par Hitoshi Hishimura (Tales of Symphonia). puis un titreassez attendu des fans du manga-ka Kei Sanbe
(Kamiyadori), qui nous propose sa nouvelle série "L'ïle de Hôsuki"
Yota
Le site officiel de la nouvelle série de ZEP, intitulée "Happy Sex" est disponible. Au programme, extrait, interview, biographie...et bientôt des mini-jeux. Pour découvrir "l'engin"
rendez-vous à cette adresse : http://www.happy-sex.fr/
Mo'
Selon le Blog « candyrebirth »
relayé par le forum « candyneigeforum », il semblerait que la scénariste Kyoko Mizuki, du manga
CANDY CANDY , connu surtout dans notre pays dans sa version animé diffusée sur antenne 2 dans les années 70, revienne en 2010 dans une toute nouvelle adaptation du manga. En effet
l'auteure du scénario a plus de 1400 pages jamais publié dans le manga, dont surtout la rupture entre Candy et Terry. Le conflit entre la mangaka Yumiko Igarashi et Kyoko
Mizuki se portant surtout sur le droit à l'image, la scénariste, en confiant son œuvre à une autre dessinatrice, pourrait enfin donner son point de vue car elle aurait toujours renié le côté
petite fille du manga qu'on lui avait imposé alors que son scénario était plus mature, mais aussi et surtout donner une suite au manga !
Ca y est, le site officiel de la collection "Celtic" des éditions Soleil vient de voir le jour. Jean-Luc Istin, Alexe et Jonkalak vous invite à vous
rendre sur le site afin de vous tenir au courant des diverses actualités de la collection. Beau design et bien pensé, il deviendra vite un indispensable pour les amateurs de "Soleil Celtic". J'en
profite également pour vous annoncer que Mike Ratera vient de lancer son blog.Longue vie
à vous !
Après le manga, après la série tv et les films en DVD, les éditions KANA sortent en Blu-Ray les deux
premiers films de Naruto dès le mois de decembre (à l'unité et non en pack comme la version DVD). Kana est donc le troisième éditeur à se lancer dans la technologie Blu-Ray, après
Beez (avec Bandai) et Kaze.
Todd McFarlane, le créateur de "Spawn", série publiée en France chez Delcourt annonce qu'il planche actuellement sur le
scénario du prochain film sur le justicier revenu des enfers. Un film qui devrait être destiné à un public un peu plus âgé que le précédent.
Takada Akemi (character designeret illustratrice) a sortie un dojinshi (livre édité par soi-même) de Creamy Mami et de Kimagure
orange road (Max & co) pour le prochain Comicket japonais. Via le site http://www.cdjapan.co.jp, vous pouvez précommander ces
éditions limitées et aussi être un des chanceux à gagner une dédicace de A.Takada.
Il y aura 10 gagnants tirés au sort, qui auront un exemplaire dedicacé. Le prix des Dojinshi est de 30€ les deux.
rendez-vous ici !
Kid Paddle dit au revoir à Dupuis. Le journal Lalibre.be annonce aujourd'hui que Midam va créér sa propre maison d'édition, Mad Fabrik, avec son épouse, ainsi qu'avecDimitri Kennes,l'ancien directeur de Dupuis. Une décision qui permettra à l'auteur de concrétiser des projets jusqu'alors
impossible chez son ancien éditeur.
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