Blast T.1 de Manu Larcenet

Publié le par Mo'

Ca y est, le nouvel album de Manu Larcenet est en librairie, et avis aux détracteurs, ce n'est pas avec "Blast" que vous pourrez critiquer le travail de cet auteur méchamment talentueux.
Chose étonnante,  je suis surpris de ne pas avoir vu plus de "com" que ça pour annoncer sa sortie. Je suis étonné d'apprendre à mes clients qu'un nouveau Larcenet a vu le jour... mais bon, j'ai tendance à penser que si on ne parle pas du "Retour à la terre" ou du "Combat Ordinaire", l'attraction n'est pas aussi importante, pourtant avec "Blast" je peux vous assurer que vous allez être scotché tout comme vous avez pu l'être avec "Le Combat ordinaire", voire même plus.

L'histoire débute dans un commissariat. Un homme obèse est en garde à vue. Cet homme c'est Polza Mancini. Face à lui, deux policiers sont chargés de le faire parler mais sans le brusquer car il doit avouer, tout dire sur ce qu'il a fait à Carole même si cela doit durer des heures ou des jours. Etonnamment calme, Mancini va se livrer, mais avant de tout avouer sur ce qu'il a fait à Carole, ils devront tout connaître de lui, savoir par où il est passé afin de mieux le comprendre. Tout a commencé par la vision de son père sur son lit d'hôpital. Ils ne s'étaient pas vu depuis des années, lui qui était si fort auparavant ressemblait à un petit oiseau chétif tombé de son nid. Fuyant cette vision, Mancini se réfugia dans une petite ruelle pour se saouler et s'empiffrer, et c'est à ce moment précis qu'il connu son premier "blast", sorte de bouffée délirante, le libérant de toutes ses contraintes terrestres. Dès lors, il ne cessera d'être à la recherche de cette sensation quitte à laisser derrière lui une vie déjà installée.

Il est difficile d'expliquer ce que l'on ressent à la lecture de "Blast". La seule chose dont on se souvient c'est d'avoir été comme aspiré dans le récit d'une vie cruellement ordinaire, qui apparaitra dérangeante, intrigante, et parfois poétique au fur et à mesure que Mancini se livrera. On n'en ressort pas vraiment indemne car les dialogues ainsi que le réalisme du dessin donne l'impression de vivre cet interrogatoire comme si on n'y était. De plus, il est vraiment difficile de cerner le personnage, tantôt il vous apparaitra doux et attendrissant, et parfois ses silences et surtout ses regards vous glaceront par leur noirceur. Il y a quelque chose de malsain chez Mancini...et pour le découvrir, il nous faudra attendre le second volet de son récit.
Du coup, tout ce que l'on demande à Larcenet, c'est d'avoir la suite le plus rapidement possible car même avec 200 pages, nous ne sommes qu'aux prémices de l'histoire de Polza Mancini.

Tout simplement excellent !

Mo'
Images: © Dargaud - Larcenet

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Yotadelatisane 11/11/2009 06:43


merci de nous faire parcourir l'oeuvre de Larcenet d'années en année et effectivement peux-être pour "fuir" ses succés recents et donc, l'avidité des éditeurs à avoir un tome rapidement, Larcenet
s'est donné du temps autrement... Je ne serai pas étonné que cette oeuvre en soit un echo ^^